Quand la danse rencontre les mots...


«J’ai toujours la mémoire des corps»
La nouvelle création chorégraphique «Sur quel pied danser» de la Compagnie Par-Allèles traite des relations hommes-Femmes. 
Pour la première fois, les chorégraphes Jamal et Hosni M’hanna mêlent les mots à la danse hip-hop et contemporaine. Une fusion des trois qui se marie en toute harmonie.
Est-ce les liens du sang ou cette passion commune pour la danse qui unit, indéniablement les danseurs et chorégraphes Jamal et Hosni M’hanna? Sans doute les deux. 
Depuis, plus de dix ans, ces deux frères fondateurs de la compagnie Par-Allèles créent ensemble des spectacles de danse Hip-Hop-contemporaine, autour de la question des droits de l’Homme. Une thématique à laquelle ils sont particulièrement liés :«Difficile pour nous de créer une chorégraphie qui n’aurait pas de sens ou d’engagement, explique Jamal, 38 ans. Nous ne pouvons pas concevoir la danse sans qu’il y ait un message à faire passer. » «Nous sommes, très attachés aux valeurs de tolérance, de justice, d’égalité, de paix, et de respect des diversités culturelles », poursuit Hosni, 31 ans. 
Chez eux, en effet, l’art du mouvement s’inscrit souvent comme un étendards. Avec déjà quelques spectacles à leur actif : "Face à Face" qui évoque notre rapport à l'autre et au monde. «Long est le chemin », qui rend hommage à Martin Luther King ou le parcours des peuples opprimés, "I have a dream" une chorégraphie qui prône des valeurs de tolérance, d’acceptation de l’autre, mise au point avec 20 danseurs en provenance de France, Italie, Israël, Palestine. «Les trois singes» qui à travers le Hip Hop, la capoeira, et le contemporain explorent la philosophie des singes de la sagesse.
Aussi, c’est tout naturellement qu’ils reviennent aujourd’hui avec leur nouvelle création «Sur quel pied danser» qui traite des relations hommes -femmes : « Ce sujet nous concerne tous et quelque soit l’époque », dit Hosni. « Notre génération n’a plus les mêmes repères que celle de nos parents, ajoute Jamal. Nous sommes les héritiers et parfois  même les victimes des nouvelles technologies de la société actuelle; Comme les réseaux sociaux par exemple. Or, cette société-là modifie les rapports humains.» Sur ce spectacle les chorégraphes parlent d’amour, de harcèlement, de manipulation, de conflit, et partagent la scène avec deux danseuses et un slameur.
 
Les Femmes restent des battantes
Si le rapport au corps, au couple, a connu en effet des mutations profondes depuis le début des années 70 et si les femmes ont acquis progressivement des droits équivalents à ceux des hommes, dans les faits, les inégalités persistent…«Dans ce spectacle on a vraiment voulu parler de la place de la femme, dit Hosni. Car même si son émancipation au fil du temps n’ a apporté que du bon, on est encore dans une société sexiste ! » «  Les femmes demeurent toujours confrontées à beaucoup  de difficultés »  poursuit Jamal. « On doit être à égalité avec nos différences », assure la danseuse Manon Iglésias. 
Des états, des rythmes, des mots. 
Pour la première fois les chorégraphes Jamal et Hosni M’Hanna ont choisi d’associer  les mots à la danse « Nous avons voulu intégrer le Slam et demandé à l’artiste slameur Abès Aserb de travailler avec nous. C’est vraiment intéressant de caler des textes au mouvement. Cela apporte une certaine force à la création », dit Jamal. 
Une création remplie de poésie 
« C’est un vrai plaisir de travailler avec eux, raconte Abès Aserb.  Quand mes textes prennent l’air, ils prennent déjà un peu vie. ils se libèrent et quand les danseuses et danseurs les mettent en mouvement pour moi c’est encore plus fort ! C’est comme si j’étais en eux… » « Et danser sur tous ces thèmes nous permet d’aller chercher différents états de corps, dit Julia Bocchino danseuse. Toutes ces différentes énergies sont vraiment intéressantes à travailler.» 
Des énergies, des pulsions et des mots qui dansent : « On créé et on adapte le mouvement en fonction de la façon dont Abès va les déclamer, dit Jamal. C’est la musicalité des textes qui nous inspire d’abord. On travaille le rythme des mots avec le corps et au fur et à mesure on construit une histoire. » 
Chez Par Allèles, les chorégraphes proposent en effet à leurs danseurs de « construire » à travers un travail d’improvisation « On leur demande de créer ensuite on prend ou pas, explique Hosni. Mais on ne prépare pas forcement les mouvements en amont au centimètre près. On préfère être dans une démarche où l’on va d’abord laisser la danseuse ou le danseur exprimer aussi sa propre gestuelle, son propre univers  » 
 Puis la création prend vie «j’ai la mémoire des corps dans la tête. Je me souviens toujours des mouvements qui m’ont touchés. Ils sont immédiatement assimilés », assure Jamal.
Si les chorégraphes poursuivent leur chemin de création, ils prennent plaisir à diriger ensemble : « on a pas besoin de se parler pour se comprendre. Et quand on se parle, on s’écoute.» C’est sans doute ça leur secret : «ils sont vraiment complémentaires et forment un très bon binôme, dit Julia qui ajoute «ils donnent toujours leurs directives dans le respect et l’écoute. Et sont toujours dans la justesse ! » Manon quant à elle raconte « je partage avec eux une même pensée et je souhaitais depuis longtemps travailler avec cette compagnie». 
Pour l’heure, le spectacle «Sur quel pied danser» sera joué au printemps prochain  à Chateauvallon-Scène Nationale, au Centre chorégraphique de la Rochelle et cet été au Festival d’Avignon. 
Corinne Binesti

 


Article de presse dans le journal Le Progrès édition Ouest Lyonnais et Val de Saône

Le mercredi 16 mars 2016


Article dans Var Matin pour le spectacle du 6 novembre. 


Roquebrune sur Argens 2010 - Espace Robert Manuel - La première "Les 3 singes" - Nice matin & Var Matin.


À Aulnay sous bois (2010) - Journal Oxygène - Centre de danse du Gallon (93).


Espace François Miterrand - Lorgues (83) - Septembre 2010 - Var Matin.


Festival Avignon 2010 - Journal La Provence.


Création 2007 - Nice Matin/ Var Matin - Projet Israelo-Palestinien avec l'Association Pistes Solidaires et la CIE Par-allèles.


Puget sur Argens 2005 - Nice Matin / Var Matin - Hip-hop 4 You're Hope - Création interculturelles avec 8 pays d'Europe autour de la danse - Direction artistique Jamal & Hosni M'HANNA. 


New York 2005 - Soirée French Tuesday Art. Figaro France / Amérique.


Italie 2003 - Travail chorégraphique sur projet européen à Palermo.


CNCDC Chateauvallon - Diplôme 2002 - Soirée internationale Back to Hip-Hop Nord Sud.


Tournée Accrorap 2002 - De l'autre côté de la mer.